Économie, Vie locale

Publié le mercredi 7 mars 2018

La valorisation des algues rouges

La société Thomsea, en partenariat avec la société Olmix et la ville,  essaie depuis 2014 de mettre en place une filière de valorisation des algues rouges qui viennent s’échouer généreusement en baie de Sion. On peut même parler ici de gisement : environ 50 000 tonnes sur les 100 000 tonnes qui arrivent chaque année dans le Golfe de Gascogne.

Cette filière de valorisation a pour but de mettre au point des granulés pour les porcs et les poulets, afin de lutter contre l’antibio-résistance. Elle permet également d’extraire des molécules d’intérêt pour la fabrication d’engrais bio.

 

La mise en viviers des algues rouges

Une fois récoltées et lavées, les algues rouges ont une période de vie d’une quinzaine de jours*. L’expérience menée actuellement consiste donc, après avoir récolté les algues sur la plage de Sion, à les stocker temporairement dans des bassins d’eau de mer. À cet effet, la société Thomsea, après obtention des autorisations d’État (site Natura 2000), a aménagé un marais à proximité du fleuve côtier La Vie et de son estuaire, pour pouvoir disposer d’une eau de mer identique en termes de salinité à celle de la baie de Sion. Ce marais se décompose en quatre bassins, dont trois, plus petits, sont destinés à accueillir les algues récoltées pour tester la prolongation de leur conservation. Le quatrième est une réserve d’eau de mer. L’objectif est de prolonger la vie des algues de 2 à 3 semaines.

* En attendant l’installation de l’usine Olmix, à Saint-Hilaire-de-Riez, les algues sont actuellement acheminées en Bretagne, sur le site du groupe, à Bréhan. www.olmix.com

Un grand bassin est directement relié au fleuve côtier La Vie. Cela permet de disposer d’une eau bien salée pour alimenter les viviers. Ainsi, les algues seront conservées dans un milieu naturel le plus proche possible de celui de la baie de Sion, site de leur échouage.

Trois petits bassins sont destinés à recueillir les algues rouges récoltées en viviers. Objectif : rallonger leur vie de 2 à 3 semaines.

Des emplois de proximité

Thierry Thomazeau, fondateur et dirigeant de la société Thomsea fait les comptes : « Pour cette activité naissante, ce sont 4 emplois de proximité créés jusqu’à maintenant au sein de mon entreprise, pour récolter les algues rouges, sur la plage de Sion, et pour procéder au lavage de la récolte, qui consiste à dessaler les algues et à décanter le sable, sur la plate-forme municipale installée zone de la Chaussée. »

 

L’installation en cours de l’usine Olmix, route de Notre-Dame-de-Riez, sur l’ancien site de la Coopérative maraîchère du Val nantais, devrait permettre, quant à elle, la création d’une vingtaine d’emplois à terme.

Pourquoi n’y avait-on pas pensé avant ?

La valorisation des algues rouges n’est pas une nouveauté pour les gens du pays. Depuis plusieurs décennies, ils savent bien se préparer à leur arrivée… l’hiver, quand il y a un bon coup de « noroît », les algues se détachent et arrivent sur la plage.

CP-Coll. privée P. Averty

Ils savent aussi quoi en faire. Le goémon est un très bon engrais naturel pour le potager, et notamment pour les pommes de terre. Le tout est de le laisser pourrir sur la terre pendant deux mois, avant de le brasser.